Carnet de bord septembre 2020

Une fois n’est pas coutume, ce vendredi nous avons embarqué une cargaison spéciale.  Il s’agit en fait d’un cinéaste et de deux collaborateurs de
DB Moteurs, concessionnaire VOLVO PENTA à Dunkerque.

Depuis fin de l’année dernière, Lucas m’avais demandé si il serait possible de venir faire un tournage à bord afin de parler de notre expérience avec VOLVO PENTA et DB Moteurs.  Etant très satisfait, d’une part des moteurs et d’autre part du service de DB Moteurs lors du placement ainsi que du service après vente, nous avons accepté la requête bien volontiers.

Année Corona oblige, le tournage fut reporté sine die.  Mais il y a quelques semaines nous avons pu accorder nos agendas.  Encore fallait il trouver un endroit sympa pour la croisière et espérer le beau temps.  Passant par le canal du centre il nous a semblé intéressant de faire découvrir l’ascenseur funiculaire de Strépy-Thieu à nos hôtes.  Ils ont eu franchement l’air d’apprécier l’ascension des 73 mètres  de dénivelé en quelques minutes.
Le tournage très professionnel s’est effectué dans des conditions optimales.  Nous avons hâte de voir le résultat.

 

La batellerie, c’est CHILL!

En effet, comme c’est agréable.  Glisser lentement au fil de l’eau.  On ne risque pas le burn out.  Remarquez, c’est vrai parce qu »on a pas le temps !

Exemple vécu de la vie d’un entrepreneur fluvial.  J’ai 2 contrats à respecter.
1 chargement de calcaire à Landelies à destination de Tessenderlo.  Le client attend impérativement sa marchandise mardi prochain au matin.  Le chargement est prévu vendredi mais je suis à l’avance.  La carrière veut bien me charger jeudi.  Super on aura notre week end !
2 Chargement jeudi prochain à Andenne  des pièces indivisibles 32 m de long sur 7.40 m de large pour 120 tonnes.  Arrivée impérative vendredi soir à Gosselies parce que le canal sera fermé 15 jours pour travaux d’entretien.  Mes pièces sont destinées à ce chantier.

Impeccable sauf qu’ une pollution est détectée sur la Basse Sambre mardi soir. Arrêt de navigation.  J’arrive mercredi après midi et constate effectivement une pollution à l’amont de l’écluse.  J’imaginais la marée noire de l’Amocco Cadiz.  Heureusement on en est loin.  La protection civile est venue, a disposé des barrages flottants et est repartie.  La police de l’environnement  diligente l’enquête.  En attendant la navigation est à l’arrêt.  Il ne faudrait pas que cela dure sinon tout mon planning sera mis à mal et mes clients ne sauront pas être servi.  Çà, je déteste surtout si ce n’est pas pour une raison valable !  Et ce jeudi, je trouve que ce n’en est plus une !!!  A 09.00 toujours personne à l’oeuvre.  Les responsables du SPW m’affirment avoir fait le nécessaire pour régler le problème mais ils ne sont pas présents sur les lieux.  A 11.00 la société de dépollution arrive.  Le responsable comprend tout de suite l’ampleur du désastre pour les bateliers à l’arrêt forcé.   La pollution a été circonscrite grâce aux barrages mis en place par la protection civile.  Ce qui flotte encore en amont de l’écluse est insignifiant et la navigation devrait donc pouvoir être autorisée.  Cette personne RESPONSABLE a pris l’initiative de téléphoner à la direction et OOH miracle nous sommes à nouveau autorisés à naviguer.   Ça va donc d’aller comme on dit à Charleroi.  Je pourrai charger vendredi, je devrai naviguer du week end mas ce n’est pas grave.  Nous sommes indépendants.  Nous savions à quoi nous nous engagions en embrassant la profession de bateliers.

Comme c’est agréable et reposant cette vie au fil de l’eau….

 

Carnet de bord février 2020

C’est parti pour un nouveau transport « exceptionnel ».
Nous chargeons à Andenne à proximité de la société TMI, des poutrelles de 52 m de long à destination d’Hautrage.

Les puristes ne manqueront pas de remarquer une anomalie.  Le bateau est tourné vers l’aval !  En virant, j’ai d’ailleurs pensé à ce que mon père m’a appris.  « Sur une rivière (dans ce cas, s’agissant de la Meuse, un fleuve) on charge de préférence contre le courant ».  D’autant qu’il y a près de 900 m 3 de débit au barrage d’Amay le jour du chargement.   Mais une autre règle vient contredire la précédente : « entre 2 maux il faut savoir choisir le moindre ».
Les poutrelles ont un sens et le client souhaite les placer sur le pont, directement au sortir de la cale.

En chargeant cap à l’aval, le bateau sera dans le bon sens pour le déchargement.  Il s’agit d’un chantier autoroutier.  Le pont qui surplombe le canal Nimy – Blaton est complètement rénové.    Les poutrelles qui vont servir à confectionner le tablier du pont sont amenées par voie fluviale à 2 bateaux : l’Hasta la Vista et le Merrimack.   En ce qui nous concerne, le timing sera retardé en raison de la météo capricieuse.  Trop de vent !  La tempête Dennis se profile à l’horizon et vu la taille et le poids (65 t) des pièces, le manutentionnaire ne veut pas prendre de risques.   Suite dans quelques jours…

La promotion des Voies d’Eau vue par le SPW

Quand on parle de notre métier, j’ai toujours le réflexe de dire le tonnage transporté par notre bateau en comparaison du nombre de camions qu’il aurait fallu.  En ce qui nous concerne entre 40 et 50 !!!    Invariablement nos interlocuteurs nous disent qu’il faudrait plus développer le transport fluvial.

En Wallonie le gouvernement Ecolo-MR-PS a d’ailleurs fait du modalshift  (transfert de la route vers les modes alternatifs et plus respectueux de l’environnement) une priorité.  La preuve : le Service Public de Wallonie, dont on ne peut pas douter de son excellente gestion vient de publier l’avis à la navigation suivant :

Evènement: Service minimum: En raison d’un manque de personnel, la manœuvre de l’écluse d’Obourg (cumulée 21,2) s’effectue de manière restreinte tous les mardis, jeudis et samedis, de 07h54 à 16h00, durant la période du samedi 1er février au mardi 31 mars 2020 inclus.

NO COMMENT !!!

Vous aimez les macarons ?

Une très belle vidéo réalisée par l’émission La mémoire des rues.  Diffusée par Antennecentre.tv

https://www.antennecentre.tv/article/les-trackers-le-canal-historique-du-centre

Carnet de bord

Le premier transport de l’année vaut la peine d’être relaté. Nous avons pris un chargement de 1240 T d’urée  à Gand à destination de Pont de Loup.

Selon Wikipédia :   L’urée est largement utilisée en agriculture comme engrais azoté. C’est également une importante matière première pour l’industrie chimique.

A la base, le navire aurait du arriver le 8 janvier soit en milieu de semaine.
La cargaison venait en droite ligne d’un fabrique sise à Kotka en Finlande.  Elle a été embarquée sur le cargo  SKARPOE (IMO: 9393785, MMSI: 305507000) naviguant sous le pavillon de Antigua & Barbuda.   Il est parti le 3 janvier du golfe de Finlande, est passé par le canal de Kiel avant d’arriver à Gand le 9 janvier en matinée.  Vu la météo maussade, le  transbordement direct a lieu le matin du 10.  Un peu de stress par rapport à la météo toujours aussi incertaine (le produit craint la mouille), mais le ciel est avec nous.
A coups de grappins de 15 tonnes, le chargement ne prend que 2 bonnes heures pour que le Merrimack soit à un enfoncement de 2.50 m.   La cargo va ensuite continuer sa route vers Pasajes en Espagne.

En ce qui nous concerne, la marchandise est attendue avec impatience par le client.  Une fabrique d’engrais de la région Carolorégienne qui souhaite recevoir sa matière première lundi à la première heure. Le départ est donc immédiat.  Mais nous sommes vendredi matin et le parcours de 195 Km ne compte pas moins de 15 écluses et l’ascenseur funiculaire de Strepy Thieu.  Difficile de prévoir avec exactitude l’arrivée à Pont de Loup d’autant que le dimanche, la navigation n’est pas autorisée dans le canal Charleroi-Bruxelles et la Sambre.

Samedi matin nous admirons le lever de soleil sur le canal Nimy-Blaton-Perronnes.  A 14.30 nous entrons dans le bac de l’ascenseur funiculaire.  Parfait, nous sommes dans les temps !  Au bout de 33 heures de navigation nous sommes à quai pour le déchargement qui commence aussitôt.  Mission accomplie.

Ha j’oubliais de vous donner le chiffre importantissime de tonnes de Co2 rejetées par notre bateau : je l’ignore !!!!   Ce que je peux vous dire en revanche, c’est que nous n’avons brûlé que 1000 l de gasoil à faible teneur en souffre, ce qui fait une moyenne de 30 l à l’heure pour un chargement équivalent à celui de 42 camions.   Pas si mal 🙂

asbl Spes Nostra

Je suis heureux de vous annoncer la création officielle de l’asbl Spes Nostra.  Au terme d’un mois d’effort, les statuts sont parus au Moniteur Belge.
Le but social est la préservation, l’entretien, la gestion du bateau chapelle « Spes Nostra » , l’organisation de cérémonies religieuses et laïques, la sauvegarde du patrimoine fluvial régional, servir de relais pour l’étude des problèmes posés à la communauté batelière sur les plans administratif, économique, éducatif, professionnel, culturel, familial et social.

L’asbl est momentanément constituée de 5 personnes :  Stéphanie Dagnelie, Marc Douillet, Karin Grégoire, Frédéric Lanoy et moi-même (Denis Dagnelie).
Lors de la réunion d’information tenue le 3 novembre, beaucoup de sympathisants ont émis le souhait de soutenir activement l’association et d’en devenir membre.  D’ici quelques semaines nous leur ouvrirons les portes de l’assemblée générale.

Si vous aussi vous souhaitez soutenir le bateau chapelle, rien de plus simple, envoyez un mail à l’adresse suivante : spesnostra6030@gmail.com , nous vous ferons parvenir les modalités d’inscriptions.

Bonnes fêtes de fin d’année, joyeux noël et meilleurs voeux pour 2020.

We want you for « Spes Nostra »

Le bateau chapelle Spes Nostra, amarré à Marchienne au Pont depuis 1953 a besoin de nous.  Lisez l’article : « Créons une asbl pour le bateau chapelle »

Dimanche 3 novembre 2019 à 10.30 nous organisons une réunion au bateau chapelle quai du sud 1 à 6030 Marchienne au Pont.  Nous vous communiquerons notre plan et nos suggestions pour reprendre le flambeau.

La question n’est plus de savoir si nous allons créer une asbl,
mais bien de savoir à combien nous serons !  

Bateliers, membres de la communauté batelière, plaisanciers, sympathisants, …  vous êtes tous les bienvenus.
A dimanche …

 

Créons une ASBL pour le bateau chapelle

Si vous passez par la Haute Sambre, vous ne manquerez pas de remarquer le bateau chapelle SPES NOSTRA, amarré à Marchienne au Pont quai du sud.  C’est l’abbé Ranchon qui l’a fait construire en 1952-53 au chantier Michot de Thuin.  Depuis environ 65 ans, cet endroit atypique est un lieu de rencontre pour la communauté batelière.  Je peux dire sans risque de me tromper que toutes les familles batelières, originaires de la région, ont eu un jour recours à son service social ou ont participé à une de ses nombreuses activités.

Le week end dernier 28-29 septembre 2019, le bateau chapelle était encore la pierre angulaire  du 25ième Pardon de la batellerie-plaisance-marine de Marchienne au Pont.  C’est lors de ces festivités que nous avons appris la fin programmée de son ouverture pour janvier prochain.  Stupéfaction !!!

La raison de la fermeture est simple et compréhensible.  L’équipe de bénévole prend de l’âge et la tâche devient trop lourde à supporter.  Nous devons avant tout remercier chaleureusement toutes ces personnes dévouées qui au fil des ans ont permis à cette oeuvre sociale d’exister et de perdurer.

Pour autant devons nous accepter cette fatalité ?

Nous sommes plusieurs à penser que NON !  Nous pensons que la batellerie a tellement reçu, qu’elle n’a pas le droit de baisser les bras.  A notre tour de monter au créneau !  Nous avons donc émis l’idée de créer une asbl dont le but sera la continuité des activités sociales, la gestion et l’entretien du bateau chapelle.   Nous aurons bien entendu besoin de sympathisants et toutes les contributions seront les bienvenues.   Je ne manquerai pas de vous informer à ce sujet.  A bon entendeur salut et à bientôt…